Castel Gandolfo
Vers l’an 1200, on construisit sur la colline, peut-être sur les ruines de l’antique Albalonga, le château de la famille génoise des Gandolfi, d’où tire son nom Castel Gandolfo. La forteresse carrée s’élevait au sommet avec ses murs crénelés et une petite cour encore existante et était entourée de bastions imprenables. Quelques décennies s’écoulèrent et la propriété passa aux Savelli qui la conservèrent malgré les vicissitudes de l’histoire pendant environ trois siècles.
Ce fut sous le pontificat de Clément VIII Aldobrandini (1592-1605) en juillet 1596 que la Chambre apostolique, par la bulle dite Congrégation des Barons, prit possession de Castel Gandolfo et de la Rocca Priora, les confiscant aux Savelli qui refusèrent d’honorer une dette de 150 000 écus. Plus tard une part de la dette fut remboursée et la Rocca Priora fut restituée aux Savelli tandis que Castel Gandolfo était déclaré patrimoine inaliénable du Saint Siège et incorporé définitivement à l’Etat Pontifical par le décret consistorial du 27 mai 1604.
Paul V Borghèse (1605-1621), sollicité par la communauté de Castel Gandolfo, fit restaurer l’aqueduc qui amenait l’eau des sources de Malafitto -de nos jours Palazzolo- pour approvisionner abondamment la ville et la forteresse. Il s’occupa aussi d’assainir la zone en asséchant les marécages du petit lac de Turno. Une plaque en conserve le souvenir sur la façade du Palais pontifical.
Urbain VIII Barberini (1623-1644) qui aimait déjà séjourner à Castel Gandolfo quand il était cardinal, fut le premier pape a y venir en villégiature au printemps 1626. Cette date vit en effet l’achèvement des travaux de remise en état et d’agrandissement du Palais, confiés à Carlo Maderno aidé de Bartolomeo Breccioli et Domenico Castelli. Au prix de quelques remaniements, la forteresse fut intégrée à un ensemble formé d’une nouvelle aile en direction du lac et de la partie gauche de la façade jusqu’au portail d’entrée. Le jardin du Maure, aux dimensions modestes, fut dessiné en reprenant fidèlement le plan d’origine avec des allées qui le partagent en rectangles délimités par des haies de myrte. Le florentin Simone Lagi décora la chapelle privée, le petit oratoire contigu et la sacristie. Demeurent attachées au souvenir d’Urbain VIII les deux routes bordées d’arbres, dites « galerie supérieure » et « galerie inférieure » qui longent la villa Barberini et relient Castel Gandolfo à Albano.
Alexandre VII Chigi (1655-1667) acheva la construction du Palais pontifical avec la nouvelle façade côté place et l’aile orientée vers la mer, ainsi que la grande galerie construite sur dessin du Bernin et sous sa surveillance.