Castel Gandolfo
Pour agrandir les jardins d’Urbain VIII et les rendre plus propices aux promenades, Clément XIV Ganganelli (1769-1774) acquit la propriété mitoyenne : Villa Cybo. En 1717, alors qu’il était encore auditeur de la Chambre Apostolique, le cardinal Camillo Cybo s’était fait céder pour « sa noble habitation et villa », par l’architecte Francesco Fontana le pavillon que celui-ci avait construit pour son usage personnel. Par la suite, il avait acquis un morceau de terrain d’environ 3 ha en face de la construction. En haut, il jouxtait le bourg de Castel Gandolfo, et, dans sa partie inférieure, était limité par la voie publique. Le cardinal en avait fait un jardin splendide, riche de marbres, statues et fontaines de grand prix. Cette somptueuse villa avait cependant un défaut majeur : la voie publique, dite galerie inférieure, séparait le palais du jardin et le cardinal songeait à les relier par une passerelle au niveau de l’étage noble du jardin. Le projet ne vit jamais le jour, et nous ne savons si c’est par manque de temps ou d’argent. A la mort du cardinal en 1743, ses héritiers reçurent la villa et la vendirent au duc de Bracciano, don Livio Odescalchi. Clément XIV se la fit céder aux mêmes conditions c’est-à-dire pour 18 000 écus.
En 1870, avec la fin de l’État pontifical, la résidence papale de Castel Gandolfo tomba dans l’oubli pour une longue période de 60 ans. Même si la loi des Garanties avait assuré la même immunité au Palais de Castel Gandolfo avec toutes ses dépendances qu’au Vatican et au Latran, les papes ne quittèrent plus le Vatican après la prise de Rome.
C’est uniquement lorsque les accords du Latran entre le Saint-Siège et l’Italie mirent fin à l’épineuse « question romaine » en 1929 que Castel Gandolfo redevint la résidence estivale des papes. Au cours des négociations, on envisagea même de destiner la villa Farnèse de Caprarola ou la villa Doria Pamphili sur le Janicule aux séjours des papes. Mais la tradition historique eut finalement le dessus. Les Villas pontificales atteignirent leur dimension actuelle avec l’acquisition du complexe de la villa Barberini où l’on aménagea des jardins parmi lesquels ceux du Belvédère méritent une mention particulière. Cette dernière villa a été édifiée par Taddeo Barberini, neveu d’Urbain VIII, sur des terrains et vignes acquis pour une part en 1628 à l’emplacement de la terrasse centrale de la résidence de Domitien et pour le reste en 1631 : la propriété de Monseigneur Scipione Visconti. Celle-ci comprenait un petit palais qui fut transformé et agrandi selon un projet probablement dû au Bernin. Beaucoup plus tard, au début du siècle suivant, fut placée devant le palais l’élégante grille disposée de façon à consentir le passage aux imposants équipages de l’époque. Et ce ne fut pas une mince affaire étant donnée l’exiguïté du terrain !
A partir de 1929, il fallut accomplir d’importants travaux de consolidation et de restructuration du Palais pontifical pour l’adapter aux nouvelles exigences et pour faire communiquer les trois villas (Jardin du Maure, villa Cybo et villa Barberini). Le résultat fut obtenu grâce à une passerelle qui relie la propriété Barberini avec la villa Cybo et à une loggia qui conduit de cette dernière au Palais, enjambant la voie publique et débouchant au dessus de l’arc de l’antique porte romaine.
Enfin, en 1934, la colline du Vatican n’offrant plus l’obscurité nocturne nécessaire aux observations de la voûte céleste, l’observatoire astronomique confié aux pères jésuites fut transféré dans le Palais de Castel Gandolfo.