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Chambres de Raphaël

Héliodore chassé du temple de Jérusalem veut démontrer l’inviolabilité du patrimoine de l’Église : Héliodore, qui avait volé le trésor du temple juif de Jérusalem, est rejoint par des messagers divins tandis qu’un groupe de personnes, dont Jules II lui-même, assiste à la scène ; par rapport à l’École d’Athènes que l’on verra par la suite, le centre vide et les couleurs foncées subissent certainement l’influence de la peinture vénitienne contemporaine. Dans la Libération de saint Pierre également, on retrouve les tonalités de la peinture précédente. Il s’agit d’une des premières peintures de nuit de l’histoire de l’art italien.

La fresque est divisée en trois épisodes : l’ange qui apparaît à saint Pierre et l’invite à le suivre (au centre), la fuite de saint Pierre et l’ange (à droite), et le réveil des gardes sur un magnifique clair de lune (à gauche). On entre ensuite dans la Chambre de la Signature, la première que Raphaël peignit. Son nom provient de la fonction de cette pièce, la bibliothèque du pape,

où il signait les actes officiels. On y voit ici les trois concepts néoplatoniciens du Vrai, du Bien et du Beau. Le Vrai surnaturel est représenté dans la Dispute du Saint-Sacrement, le Vrai rationnel dans l’École d’Athènes, le Bien dans les représentations des Vertus et de la Loi, tandis que le Parnasse montre le Beau. Dans la Dispute du Saint-Sacrement, on voit dans le bas, de part et d’autre d’un autel avec l’ostensoir, deux rangées de personages ecclésiastiques qui discutent sur les « vérités » qui se trouvent dans le ciel ; en haut, placés en demi-cercle sur un exèdre de nuages, les saints et les prophètes assis conversent entre eux, tranquillement, parce qu’ils ont désormais pu voir dans le ciel ce qui a été promis sur terre. Au-dessus, le Christ est entouré de la Vierge et de saint Jean, surmonté de Dieu le Père, tandis qu’à ses pieds se trouve la colombe, symbole de l’Esprit Saint. Le point de fuite de la perspective du pavement se situe dans l’ostensoir, élément central de la composition.

L’École d’Athènes est une des peintures les plus célèbres de Raphaël : dans le fond d’une architecture ancienne, symbole probablement du nouveau Saint-Pierre de Bramante, on voit : au centre, Platon, sous les traits de Léonard de Vinci, qui pointe le doigt vers le ciel et évoque le monde des idées, et Aristote qui, tournant la paume de la main vers la terre, indique, au contraire, le principe rationaliste de sa philosophie.

Les deux grands protagonistes de la pensée antique sont entourés d’une multitude de philosophes qui ont les traits d’hommes de cette époque, dont, au premier plan, Héraclite (Michel-Ange), Euclide (Bramante) qui dessine sur un tableau noir une figure géométrique, Diogène presque allongé sur les marches, Ptolémée et Zoroastre qui tiennent respectivement le globe terrestre et la sphère céleste. Le deuxième personnage à droite avec le bérêt vert est un autoportrait de Raphaël.

Dans le Parnasse, Apollon est entouré des muses et des célèbres poètes et hommes de lettres. On reconnaît, entre autres, à gauche, Homère qui tourney son visage vers le ciel, et Dante, peint de profil.

Dans la dernière pièce peinte, commandée par Léon X de Médicis (1513-1521) et qui tire son nom de la peinture principale, on voit les grands événements historiques qui se sont déroulés sous les papes appelés Léon : l’Incendie du Borgo représente l’intervention miraculeuse du pape Léon IV en 847 qui, apparaissant à la fenêtre de la Loggia des Bénédictions, réussit, par un signe de croix, à mettre fin à un immense incendie qui s’était développé dans le quartier autour de la basilique vaticane. Les autres fresques sont : la Justification de Léon III, le Couronnement de Charlemagne par le pape Léon III lui-même en l’an 800, ainsi que la Bataille d’Ostie victorieusement conduite par le pape Léon IV contre les Sarrasins, qui se déroula sur le littoral romain en 849 ; toutes les fresques ont été réalisées par des élèves du grand Raphaël.
La construction des Loges commença en 1508 et leur architecte en est Donato Bramante ; à sa mort (1514), les travaux continuèrent sous la direction de Raphaël, à qui l’on doit aussi les fresques du deuxième étage. Réalisées grâce à la collaboration de ses élèves, celles-ci représentent la réponse en peinture à son rival Michel-Ange, au point que l’artiste repropose en grande partie les mêmes thèmes que ceux de la Genèse dans la Chapelle Sixtine. Les fresques du premier étage et du troisième étage ont été réalisées en revanche par des peintres du XVIe siècle, comme Giovanni da Udine, Jules Romani et Perin del Vaga.

On remarquera en particulier les décorations appelées grotesques, caractérisées par des motifs végétaux mêlés à d’étranges figures d’hommes ou d’animaux, et qui s’inspirent des peintures fraîchement découvertes dans la Domus Aurea, résidence de l’empereur Néron (54-64).

 


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