Le Cimetière teutonique

Le Cimetière teutonique

Situé entre la basilique Saint-Pierre et la nouvelle Salle des audiences, le cimetière teutonique est la plus ancienne Fondation nationale allemande à Rome. Tout le secteur, entouré d’un grand mur d’enceinte, n’attire pas immédiatement l’attention, mais le charme de ce cloître chargé d’histoire s’ouvre vite au passant même le plus pressé. C’est ici que se situait autrefois le cirque de Néron, qui fut le théâtre du martyre de nombreux chrétiens. En 799 on parle pour la première fois d’une Schola Francorum, ce qui explique la présence sur la paroi de l’édifice d’une image en céramique représentant  Charlemagne comme fondateur. Ce n’est cependant que dans la deuxième moitié du XVe  siècle que ce lieu assume des contours plus précis, quand de nombreux pèlerins affluent  à Rome pour l’Année sainte de 1450. A cette occasion, le cimetière et l’église, qui se trouvaient dans de piètres conditions, furent reconstruits, et les membres allemands de la curie se lièrent, en 1454, en une « Confrérie des pauvres défunts », qui existe encore, bien que sous une forme un peu différente, et est encore titulaire de la Fondation.

Du cimetière, on accède à l’église (qui a été entièrement restaurée dans les années 1972-1975) par un portail, œuvre de Elmar Hillebrand (Cologne) offerte en 1957 par le président de la République allemande Theodor Heuss. Sur le battant de gauche on voit une Vierge à l’enfant sous le blason de la confrérie constitué de l’Aigle bicéphale et de la Pietà. Sur le battant de droite, la Résurrection. A l’intérieur, les tableaux du maître-autel, œuvres de Macrino d’Alba, représentent au centre la Pietà et sur les côtés, de gauche à droite, saint Paul, saint Jean Baptiste, sainte Anne avec Marie et Jésus et  les apôtres Pierre et Jacques. Sur le côté antérieur du maître-autel, la plaque en pierre retrouvée lors des récents travaux de restauration, et ayant probablement appartenu à des transennes d’autel, est un exemple typique de style archaïsant du haut Moyen-Age.

Après le sac de Rome, la chapelle des Suisses fut le lieu de sépulture des gardes. Les fresques des parois, œuvre de Polidor Caldara, un disciple de Raphaël, sont d’une grande qualité.

A cause de sa position assez particulière, le cimetière est bien sûr depuis toujours un lieu de sépulture très recherché. Selon les statuts, les personnes qui ont droit de sépulture en ce lieu sont les membres de l’Archiconfrérie, les membres de plusieurs maisons religieuses d’origine allemande et des deux autres collèges allemands à Rome : l’ « Anima » et le « Germanico ». On y trouve également les tombes de défunts célèbres dans les domaines de la vie ecclésiale, de l’art, de la politique ou de la diplomatie :
Joseph Anton Koch, peintre paysagiste (+ 1839)
Ludwig Curtius, archéologue (+ 1954)
Johann Baptist Anzer, premier évêque missionnaire des Missionnaires Verbites (+ 1903)
Joseph Spithöver, promoteur décisif de la culture allemande à Rome pendant le XIXe siècle (+ 1870)
Stefan Andrei, écrivain (+ 1970)
Johann Martin von Wagner, archéologue et artiste (+ 1858)
Anton de Waal, premier recteur du Collège (+ 1917)
Engelbert Kirschbaum S.I., Archéologue, collaborateur déterminant dans la découverte de la tombe de Pierre (+ 1970)
Card. Gustavo von Hohenlohe (+ 1896)
Augustin Theiner, Préfet des Archives secrètes du Vatican (+ 1874)

 


Link